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AGW 13/06/2013 / AGRBC 10/10/2002 / BVR 09/02/2007


Légionelle - Mesures de préventions (occupant technicien) - Analyse bactériologiques de légionelle

Rappels : Les légionelles prolifèrent sur les surfaces en contact avec l'eau et sont émises dans la veine liquide en fonction, notamment des mouvements hydrauliques. Les caractéristiques de fonctionnement des équipements et les modalités de recueil de l'eau interviennent sur les dénombrements et doivent donc être connues pour permettre d’interpréter les résultats.

 

Le choix des points de prélèvement et les modalités de prélèvement relèvent de la stratégie d'échantillonnage.

 

La recherche de légionelles est habituellement réalisée à partir d'échantillons d'eau (volume 1 litre) en respectant une norme (NEN 6265, AFNOR T90-431) et par un laboratoire qui dispose d’une accréditation (par ex. Beltest). Quant aux échantillons d'air, les difficultés liées aux conditions de prélèvement en réservent l'analyse à des situations biens ciblées où un émetteur d'aérosols est identifié. Seules les analyses de légionelles dans l’eau sont traitées dans cette fiche.

Matériel :

-      Flaconnage : récipients stériles d'un volume de 1 litre, si possible en plastique pour éviter la casse du verre.

-      Les flacons destinés à être introduits dans l'eau sont conditionnés en emballage stérile.

-      Les échantillons provenant de réseaux d'eau traités par un oxydant sont recueillis dans des flacons contenant du thiosulfate de sodium en quantité suffisante pour neutraliser l’oxydant.

-      Dans le cas des fluides techniques de tours aéroréfrigérantes traitées avec d'autres classes de produits, la composition des mélanges neutralisants n'est pas définie. Canne, entonnoir et raclette flambables, dispositif stérile pour aspiration d'eau

-      Chalumeau

-      Thermomètre

-      Trousse de dosage du chlore

-      Enceinte réfrigérée

-      Gants stériles

-      Une trousse d’analyse pour le dosage de la concentration en désinfectants si le réseau est traité.

Réseaux d'eau intérieurs des bâtiments

Points techniques sur réseau d'eau chaude

·         Vannes de sortie d'eau du générateur, du retour de boucle, de pied de colonne,... : flamber et faire préalablement couler l'eau 2 à 3 minutes de façon à réduire la contamination périphérique.

·         Partie basse de ballon : faire couler l'eau abondamment pour chasser les dépôts de la canalisation d'évacuation (faire en sorte de ne pas prélever l'eau froide d'alimentation).

Points d'usage sur réseau d'eau chaude : robinets et pommes de douche

·         Contrôle de l'exposition : le prélèvement d'eau est réalisé sur le premier jet d'eau de façon à recueillir la contamination périphérique, supposée être la plus importante. Mousseur et pomme de douche ne sont pas démontés.

Relever le temps nécessaire à l'obtention de la température de consigne. Indiquer les conditions d'usage du poste avant le recueil. (savoir si ce point d’eau est utilisé régulièrement ou pas et à quelle fréquence)

·         Contrôle des conditions de maîtrise du réseau : le prélèvement d'eau est effectué après écoulement de 2 à 3 minutes de façon à recueillir l'eau de l’amont.

Pour éviter toute détérioration de la robinetterie, le flambage n'est pas préconisé.

Postes sur réseau d'eau froide

·         Points techniques, aval compteur…: recueillir l'eau après flambage et écoulement.

·         Points d'usage périphériques : prélever l'eau après écoulement, au niveau d'un robinet simple bec, si possible. En effet, un prélèvement effectué sur un mélangeur ou mitigeur risque d'entraîner la flore périphérique liée à l'eau chaude.

 

Tours aéro-réfrigérantes et condenseurs à évaporation forcée

Prélèvement d'eau

Ils sont réalisés sur des équipements en fonctionnement, c’est à dire en eau circulante et ce à distance des opérations de traitement " choc " (au moins 48 heures après le traitement de choc ou juste avant).

·         Caissons de réception des fluides de ruissellement : après arrêt du ventilateur et ouverture de la trappe d’accès par l’agent d’exploitation, introduire le flacon dans l’eau en s’écartant du point d’arrivée de l’eau d’appoint (prendre la précaution de revêtir un gant ou utiliser une canne à prélèvement préalablement décontaminée par flambage). A défaut, l’échantillon peut-être recueilli au niveau de la vanne de purge, après avoir procédé à un écoulement abondant.

·         Circuit d'eau

·         amont de la pulvérisation: après ouverture de la vanne, laisser l’eau s’écouler environ 1 minute et la recueillir dans le flacon en évitant tout contact avec le robinet.

·         aval du caisson de ruissellement : après ouverture de la vanne, laisser l’eau s’écouler environ 1 minute et la recueillir dans le flacon en évitant tout contact avec le robinet.

·         bâche : remplir le flacon selon les modalités décrites pour le caisson.

 

A proximité immédiate de la tour, l'agent préleveur doit porter un masque de type P3, destiné à le protéger des aérosols biologiques.

Prélèvement de boues ou de biofilm

Ils sont réalisés au niveau du caisson, de la partie supérieure de la tour de refroidissement ou de toute autre localisation pour identifier des niches contaminantes. Le support est gratté à l'aide d'une raclette préalablement décontaminée par flambage et le dépôt est introduit dans un récipient stérile.

 

Installations de conditionnement d'air

  • Batterie froide : si le fond du bac est recouvert d'eau, aspirer celle-ci à l'aide d'une seringue stérile.

  • Laveur d'air : l'eau du bac est introduite dans le flacon fixé à une canne de prélèvement préalablement décontaminée par flambage,

  • Générateur d'aérosols : l'eau est prélevée dans le réservoir selon un mode de soutirage approprié à chaque système. Le dispositif de traitement d'eau situé en amont peut faire également l'objet d'un prélèvement.

Fontaines décoratives, etc...

  • Sortie immédiate du bassin, au niveau d'une vanne sur la canalisation de recirculation de l'eau : après flambage et écoulement.

  • Dans le bassin : l'eau est recueillie dans un flacon fixé à une canne préalablement décontaminée par flambage.

Fiche de prélèvement :

Seront notamment mentionnés :

·         les coordonnés du bâtiment

·         la date, l’heure du prélèvement, le nom du préleveur

·         le type d'installation et la nature des traitements correcteurs

·         les références et localisations des points de prélèvement

·         les modalités d'usage des postes de puisage avant les prélèvements

·         la température relevée sitôt le recueil effectué et, pour les réseaux d'eau chaude, le temps nécessaire pour atteindre la température de consigne

·         la nature et la concentration en désinfectant si le réseau est traité.

Conditions d'acheminement :

Les prélèvements sont programmés en accord avec le laboratoire qui effectue les analyses.

Les échantillons sont remis le jour même au laboratoire pour analyses.

Si leur réception est prévue pour le lendemain, ils sont placés dans un emballage réfrigéré. Ne pas congeler les échantillons.

Fréquence des prélèvements :

Les fréquences des mesures de légionelles dans l’installation sont généralement les suivantes :

 

Pour l’eau froide sanitaire :

·         1X/an l’eau de distribution

·         si point de prélèvement avec T° > 25°C, 2X/an.

 

Pour l’eau chaude sanitaire :

·         2X/an les points à risques principaux.

·         si un point de prélèvement a des mesures positives de légionelles augmenter les fréquences à 4X/an.

 

Pour les tours de refroidissement (aéroréfrigérantes) :

·         2X/an.

·         si un point de prélèvement a des mesures positives de légionelles augmenter les fréquences à 4X/an.

 

Pour les fontaines, climatiseurs et humidificateurs :

·         1X/an

·         si un point de prélèvement a des mesures positives de légionelles augmenter les fréquences à 2X/an.

 

Dans tous les cas, les résultats obtenus dans le cadre du suivi de ces indicateurs doivent faire l’objet d’une interprétation et, si nécessaire, entraîner la mise en œuvre d’actions correctives.

La périodicité et le choix des sites de prélèvements ne peuvent être définis une fois pour toutes. Ils dépendent en effet des résultats observés, de l’usage qui est fait des installations, de la manière dont les utilisateurs risquent d’être exposés, ainsi que des difficultés éventuellement rencontrées pour traiter les épisodes de contamination.

 

 

Il est par ailleurs conseillé, pour faciliter l’interprétation des résultats d’analyses de légionelles, de relever la température de l’eau au niveau des points de prélèvement.

 

Cette manière de procéder permettra de cibler la contamination et ainsi choisir sans ambiguïté les actions nécessaires (la gestion de la « crise » en sera grandement facilitée).

 

Valeurs guide :

Des discussions subsistent quant aux valeurs guides. Cependant, voici un résumé des principales valeurs guides (Belgique, France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas) pour des bâtiments « classiques » :

 

Concentration en Legionella pneumophila par litre (CFU/l)

Interprétation

< 100

Valeur guide (limite de détection = 50 CFU/l)

< 1 000

Faible contamination

> 1 000

Contamination

> 10 000

Contamination importante

Seuil d’alarme

Désinfecter + actions préventives

> 100 000

Contamination très importante

Empêcher l’utilisation de l’eau

Désinfecter + actions préventives

 

CFU = Unité Formant Colonies


Dans le cas de bâtiments où se trouvent des personnes immuno-déficientes (hôpitaux, maison de repos …), les seuils d’alarme sont divisés par 10. (Ces seuils sont actuellement revus à la baisse.)

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