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AGW 13/06/2013 / AGRBC 10/10/2002 / BVR 09/02/2007


Légionelle - Mise au point sur la légionelle - Le réservoir de légionelles

 1. Sources de contamination :

  • Les tours de refroidissement et les climatiseurs: aux premiers jours chauds de l'été, les systèmes de climatisation redémarrent et les bactéries qui se sont multipliées dans la tuyauterie pendant les mois d'inactivité se dispersent dans l'air que la population respire entraînant ainsi des mini-épidémies.

  • L'eau de robinet provenant des grands réservoirs peut être responsable de mini-épidémies.

  • Les chauffe-eau électriques (ceux au gaz ou au mazout semblent épargnés) de type cumulus ou ballon d'eau chaude sont responsables de cas isolés (ou sporadiques).

  • Les bains à remous type jacuzzi.

  • Les fontaines réfrigérantes.

  • Les fontaines décoratives.

  • Les pommes de douche.

 2. Autres localisations :

  • Sédiments, sol humide, boues d'épuration, compost.

  • Plans d'eau douce naturels (mares, étangs) des zones tropicales.

  • Plans d'eau douce artificiels.

  • Rivières.

  • ABSENCE chez les animaux, dans l'eau de mer et dans la terre sèche.

 3. Facteurs favorisant la prolifération de la bactérie :

  • Eau stagnante (bras mort, réservoir, bac de condensation, éléments obstruant un réseau).

  • Température de 20 à 45°C.

  • Biofilm. (couche de micro-organismes, contenus dans une matrice solide, se formant sur des surfaces en contact avec l’eau)

  • Ions ferriques, zinc, aluminium, précipitation du calcium (tartre) et magnésium.

  • Caoutchouc, silicone et certains plastiques.

 4. Facteurs défavorisant la prolifération de la bactérie :

  • Recirculation permanente pour éviter la stagnation.
  • Température en dehors du domaine 20-45°C.
  • Ions d'argent et de cuivre.
  • Brome.

 5. Croissance de la bactérie :

Dans certaines installations, les conditions telles que la température, le temps de séjour et la présence de dépôts peuvent favoriser la croissance de la bactérie.

Une autre caractéristique des légionnelles est leur possibilité de parasiter d’autres organismes telles qu’amibes, microalgues afin de survivre. Ce qui rend la désinfection difficile. Des amibes infectées pourraient constituer un réservoir pour légionella.

Pour proliférer, les légionelles ont besoin de fer (idéalement 1 à 5 mg/l), et de certains acides aminés tels que la cystéine et la sérine. C’est pourquoi la présence de corrosion, matière organique, tartre et autres dépôts, micro-organismes sont des paramètres qui influencent directement leur prolifération.

Dans des conditions idéales, le nombre de légionelles double toutes les 3 à 4 heures environ. Ce qui correspond à un taux de croissance relativement lent (comparativement à d’autres bactéries telles que Escherichia coli qui ont un temps de génération de 15 à 20 minutes seulement).

Le nombre de légionelles dans les ballons de stockage à 35°C/45°C peut augmenter jusqu’à 10.000, 100.000 et parfois 1 milliard par litre lorsqu’il y a des boues au fond du ballon.

Aucune analyse de l’eau froide au compteur à l’entrée du bâtiment n’a mis en évidence la présence de légionelles (< 5 germes/litres). Dans les installations unifamiliales, le problème est quasi inexistant, c’est pourquoi il n’est souvent pris en compte que les stockages d’eau chaude sanitaire supérieurs à 300 litres.

Ci-après, le tableau de la croissance de la bactérie suivant la température :

Température (°C)

Comportement de cette bactérie à cette température

< 20°

Reste inerte

20 à 45°

Croissance

30 à 40°

Température idéale pour la croissance de la bactérie

> 50°

Croissance fortement ralentie

60°

Tuée en ± 2heures (réduction d’un facteur 1000 du nombre de germes)

70°

Tuée en 20-30 secondes (mais un temps de contact de 3-4 minutes est en réalité souvent nécessaire pour obtenir une réduction d’un facteur 1000 du nombre de germes)

 6. Mécanisme de croissance et de décrochage du biofilm :

Couche limite et biofilm

La couche limite est une zone au contact avec les matériaux, particules solides ou liquides (huile...), qui est relativement peu perturbée par le fluide en circulation.
Dans une canalisation, la situation peut être résumée par le schéma suivant:

Il apparaît clairement que, au niveau de cette couche limite, certaines réactions physico-chimiques peuvent avoir lieu ainsi que des développements bactériens majeurs.
Selon l'épaisseur de la couche, on peut rencontrer aussi bien:

·         un développement de biofilm, biofilm pouvant intégrer des légionelles,

·         des corrosions localisées, provenant d'une interaction entre l'eau, les bactéries et les parois,

·         un échauffement local de l'eau. C'est le problème classique des réseaux d'eau froide. Les légionelles se développent dans les eaux tièdes et il est communément accepté par les spécialistes que la température minimale de l'eau pour un début de croissance est 20 °C (25 °C pour de nombreux auteurs). Il n'est pas rare, pour une eau froide distribuée dans un réseau public, avant le compteur ou dans la partie privée, dans un bâtiment ou un hôpital, de "prendre" 2 voire 3 °C.

Cette température est une température moyenne qui ne reflète pas la situation au niveau des parois. La couche limite, parfois épaisse de plusieurs centaines de µm, peut se réchauffer de 5 à 10 (voir plus) °C.

Des décrochages du biofilm avec réduction de l'épaisseur de la couche limite arrive lors de variations rapides de la turbulence de l’eau dans les conduites.

Le document suivant montre le mécanisme de formation du biofilm à travers un dessin:  

Accrochage, équilibre des bactéries et formation du biofilm

 

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